Eddy Mitchell
à l'Olympia
(dépêche AFP du 19 septembre 2003 )

Eddy Mitchell, après avoir surmonté les ennuis de santé qui l'avaient contraint à suspendre sa tournée précédente, renoue avec la scène en s'installant vendredi à guichets fermés jusqu'au 2 octobre à l'Olympia, salle parisienne où il n'avait pas posé pied depuis 20 ans.
Un "Schmoll" (son surnom), qui, à 61 ans (une année de plus que son ami Hallyday), vient de connaître une véritable révolution puisqu'il a abandonné ses fidèles "Santiags" pour des mocassins de facture plus classique.
" Vous n'avez rien remarqué?", lance-t-il à l'adresse de son public, dont les plus attentifs ont effectivement noté l'absence des bottes. Il a fait le sacrifice "tant que George Bush sera au pouvoir". "On a les révolutions qu'on peut", lâche-t-il, sarcastique.
A part cette entorse à ses habitudes, Eddy Mitchell n'a pas bouleversé les recettes qui ont fait son succès depuis 40 ans, proposant comme toujours cette version de l'Amérique qui a souvent fait rêver les "Frenchies", celle des westerns de John Ford, des tableaux de Norman Rockwell, des polars de Chandler et non pas celle d'aujourd'hui, souvent désenchantée.
Country ("Sur la route de Memphis", "Sur la route 66", nouvelle composition extraite de son dernier album, "Frenchy", qui lui ressemble comme une petite soeur, les inusables "Couleur menthe à l'eau", "La dernière séance"), soul ("Mister JB", hommage à James Brown), rock des pionniers ("Pas de boogie woogie", "C'est un rocker" au final, où il tombe enfin la sobre veste de son costume parme sous lequel il a transpiré sans broncher pendant deux heures), aucun ingrédient ne manque, jusqu'au jeu de scène épuré, minimaliste.
Il y a l'ironie mordante de "Lèche botte blues", la "provoc" politiquement incorrecte de "J'aime les interdits" ou de "J'aime pas les gens heureux". La nostalgie est toujours sous-jacente, que ce soit dans "Les tuniques bleues et les indiens", ou dans "Au bar du Lutétia", hommage aux accents jazzy à Serge Gainsbourg, dont il fut parfois le compagnon des fins de nuit.
Après l'Olympia, Eddy Mitchell commencera le 6 novembre à Tours une tournée qui le conduira jusqu'à la fin décembre dans une vingtaine de villes (le 7 novembre au Mans, le 8 à Laval, du 11 au 13 à Nantes, le 14 à Angers, le 15 à Caen...). Il reviendra à l'Olympia à partir du 2 mars pour une nouvelle série de concerts.