Marie Trintignant
joue Janis Joplin

Dans le ciel étoilé du rock il n'est pas rare d'en croiser une, filante, dont la trajectoire est parfaite et son rayonnement éblouissant. Janis Joplin comme les Doors ou Hendrix en fait partie. En effet en quatre albums la diva blanche à la voix noire a envoûté une génération entière. Séparée de Big Brother, son groupe des débuts, elle s'impose sous son nom accompagnée par le Kozmic Blues.
Ce troisième album est le plus puissant, le plus organique. Joplin y est en transe, notamment sur Work Me Lord pièce de 6 minutes 30 durant lesquelles on a l'impression d'atteindre une acmé toutes les secondes. Joplin se donne corps et âme, elle ne retient rien de sa sensibilité. Try (Just a Little Bit Harder) donne le tempo : ce sera un disque soul-rock pimenté par une section de cuivres qui va dynamiser une rythmique imperturbable. Quand on écoute l'album, on a l'impression que Janis chante pour vous, qu'elle est là devant vous, généreuse, tendre. La vie de cette chanteuse n'est pas rose, cela se ressent, et pourtant cette volonté de ne faire qu 'un avec son art l'empêche de sombrer.
Flower-power, San Fransisco, éternel summer of love, tel est le monde de l'époque. Janis Joplin sera des festivals (Woodstock et autres), elle enivrera les foules au son de cette musique riche et subtile à la fois. Car ce rythme peu à peu entre en vous, naturellement, et d'un simple battement de pied c'est le corps entier qui se met à bouger et qui, comme une bougie allumée, danse jusqu'à la fin. Toutes les chansons sont des bijoux, purs, à l'éclat intense. Mais le vrai succès ne viendra qu'après sa mort (en 1970) avec Bobby McGee sur Pearl, son dernier chef d'œuvre. Joplin, femme insaisissable, devenue mythe, reste dans nos cœurs. I remember you well in the Chealsy Hotel chantait Cohen.